Lorsque l’on ouvre une bouteille de vin pour le déguster, on ne s’imagine pas forcément tous les paramètres qui entrent en compte pour donner à ce breuvage ses caractéristiques organoleptiques finales. C’est-à-dire son aspect, sa consistance, son odeur, son goût… Bref, tout ce qui va faire l’attrait et le succès d’un vin.

Cela provient évidemment du fruit de la vigne, le raisin, de ses nombreuses variétés de cépages (selon la couleur de la peau, noir, blanc et même gris), du travail des hommes (la taille, le palissage, l’épamprage, l’effeuillage, la destruction des mauvaises herbes, le traitement, les vendanges…), et d’un terroir alliant climat, exposition, et sols.

Les sols de prédilection pour réussir la culture de la vigne

L’activité viticole n’a pas besoin de sols riches, contrairement à d’autres cultures comme celle des céréales, ou des betteraves qui préfèrent des terres grasses et humides. Le sol idéal pour un vigneron est pauvre, sur des terrains pentus et bien exposés, car la plante est dotée d’un système racinaire très développé pouvant puiser l’eau et les matières minérales nécessaires, jusqu’à une dizaine de mètres, pour se nourrir.

C’est donc ce genre de terres qui offrent les meilleurs résultats, concernant la qualité d’un vin. Les terroirs les plus favorables peuvent se distinguer en trois points qui se conjuguent :

  • La nature chimique des sols agit en fonction de sa composition, par exemple l’argile sur le tanin, le corps, la couleur ; les schistes engendrent de la dureté, l’humus de l’âpreté ; le calcaire sur le degré alcoolique, la longévité ; la silice sur le bouquet, l’arôme, la finesse…

De façon générale, les vins les plus accomplis et les mieux constitués proviennent de sols contenant à la fois de l’argile, du calcaire et de la silice.

  • La nature physique des sols : la vigne préfère des sols qui assurent un bon drainage des eaux, tels que les terrains caillouteux (qui assurent aussi une régulation thermique satisfaisante), ils peuvent provenir d’éboulis recouvrant la surface de coteaux (Côte bourguignonne, Côte de Castillon…) ; de l’accumulation d’alluvions plus ou moins grossières (galets de Châteauneuf-du-Pape, graves du bordelais, terrasses de graviers des bords de la Loire…)
  • Outre la qualité physique des sols (présence d’éboulis, drainage des eaux) beaucoup de vins réputés sont issus de vignobles de coteaux, et portent l’appellation « côtes ou coteaux). Ce sont des terrains en pente qui ; s’ils sont exposés au sud, au sud-ouest, ou au sud-est ; offrent l’avantage d’un ensoleillement plus complet, y compris lorsque le soleil n’est pas très haut sur l’horizon.

Une fois réunies ces caractéristiques de base concernant le terroir propice à développer une activité viticole sur un domaine, faut-il encore y planter les bons cépages de vigne qui s’accorderont au mieux, avec les spécificités du sol, du climat, de l’exposition, de la région et de la géographie dont découle les appellations des vins, donc des cépages autorisés ou non pour leurs vinifications et leurs assemblages. Pour exemple, Bordeaux : merlot, cabernet franc, cabernet sauvignon, petit verdot, malbec, carménère.

Les sols les plus appropriés pour cultiver la vigne

Les sols crayeux

Ces sols maigres en apparence révèlent une richesse plus équilibrée qu’on ne peut l’imaginer. La craie, qui donne un aspect presque blanc à la terre, est très poreuse et extrêmement filtrante, ainsi l’eau est happée dans des couches plus profondes, et restituée à la vigne par la suite. Le chenin, et le chardonnay y sont dans leur élément.

Les sols de calcaire et de marnes

Le chardonnay bourguignon et le pinot noir s’entendent à merveille dans cette terre ocre, dont l’apparence est le résultat de l’association entre l’argile et le calcaire.

Les sols de galets roulés

Ce sont des terres, composées de pierres énormes, lisses et polies, car elles ont été charriées par les eaux du Rhône dans la vallée méridionale, comme à Châteauneuf-du-Pape. À l’image du fleuve, c’est le grenache qui y a fait son lit.

Les sols schisteux

Ce sont des roches micaschistes ou sédimentaires, elles sont plus ou moins brillantes ou sombres et feuilletées. Ici poussent le carignan, le grenache, le syrah…

Les sols argilo-calcaires

C’est un sol qui mêle des pierres calcaires aux propriétés filtrantes à la fraîcheur de l’argile. C’est une terre un peu grasse qui convient tout à fait au merlot et au cabernet cultivés dans le sud-ouest, et plus particulièrement vers le Fronsac, les côtes de Castillon, Saint-Émilion…

Les sols argilo-graveleux ou terroirs des graves

Ses sols sont un mélange de galets provenant de la Dordogne et de la Garonne, mélangés à des argiles et des sables. Les « graves » restituent la chaleur emmagasinée durant la nuit. Le merlot, le cabernet, et le merlot s’y épanouissent idéalement, et produisent des vins parmi les plus prestigieux, en Médoc, en Graves, en Pessac Léognan…